Je balance…


Blog news, Veggie Life / dimanche, mai 13th, 2018

Quelques mois plus tôt, on a tous plus ou moins entendu parler du #balancetonporc. Le nez dans d’autres problématiques, je n’avais pas eu l’occasion de participer à la vague de témoignages. Aujourd’hui la première chose qui m’interpelle c’est l’expression. D’où un porc est un pervers ? J’ai jamais encore vu un porc mettre une main aux fesses ou insulter une truie qui sourit pas d’être sifflée.

Vous avez compris le prétexte. Moi je compte pas balancer un porc mais des connards, pervers tout ce que vous voulez mais ce sont bien des humains, même si nous sommes trop égocentriques pour le croire.

Ça a du commencer au collège. Je sais pas comment mon postérieur est devenu l’attraction de la bande de mecs du collège mais quand je m’en suis aperçue, qu’au sport, on m’incitait à me mettre dans des positions explicites, une certaine naïveté est partie. A une autre époque j’aurais surement été fière de transporter ce popotin du tonnerre mais à cette époque là, adolescente, j’avais juste envie de disparaître et de me cacher. C’est comme ça que les vestes se sont nouées à la taille et que le complexe est arrivé. Et puis sans s’en rendre compte, notre corps nous échappe.

Je balance - veggie maman

Et je ne sais pas comment, là encore, finalement on devient l’attraction des mains baladeuses et autre parties de corps qui se collent sans autorisations. Ça arrive un peu partout : dans les transports en commun bien sur, dans la rue, en soirée… A force j’en oubliais presque que ce n’était pas normal. Je ne sais d’ailleurs même pas si j’ai osé m’en plaindre ou en parler ?

Un des gestes qui m’a le plus marqué est survenu quand j’avais une vingtaine d’année. Accompagnée de 2 copines, un samedi après midi, je traversais sur un passage piéton bondé près des galeries, quand ce merdeux d’humain s’est autorisé à toucher mon intimité de ses sales mains perverses. Choquée, je me suis retournée en hurlant “connard”. Il avait profité de la foule pour agir incognito mais je me souviens de son petit sourire, fier. Mes copines n’avaient rien vu, rien compris à mes cris, ce qu’il venait de se passer. Cela m’a marquée et m’a fait réaliser que NON ce n’est pas normal de subir les chaleurs de ces messieurs qui ne savent pas se contenir. Une main aux fesses ce n’est pas flatteur, ni aux seins ni ailleurs quand ce n’est pas souhaité. Aucun homme n’a à se croire autorisé à agir ainsi.

Et si j’écris cela aujourd’hui, c’est car je veux que ma fille sache plus tard que tout ceci n’est pas anodin, que ce n’est pas rien ni normal. Et mes garçons se construiront avec cette idée là que les femmes ne sont pas des objets dont on peut disposer.

Et vous ?

 

Laure

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