4 accouchements et 3 bébés vivants


Blog news, Non classé, Veggie Maman / mardi, septembre 5th, 2017

Une fois n’est pas coutume, j’ai l’envie de me livrer un peu plus ici. Les accouchements et moi c’est compliqué. Parce que trop de fois la vie s’en est mélée et a foutu la merde là où il devait juste y avoir du beau.

Mon troisième(quatrième) bébé est né le 19 Août de façon très intense et si je ne me serais jamais avouée rêver un tel accouchement, maintenant que je l’ai vécu, par la force des choses et non par choix, je peux le dire, cet accouchement était merveilleux…et douloureux…mais merveilleux.

Après 2 jours et nuits de faux travail éprouvant moralement et physiquement et un passage à la maternité où les choses ne semblaient pas tellement bouger malgré mes contractions, j’ai enfin réussi à dormir un peu dans la nuit du 18 au 19 Août.
Le 19 Août au matin, les contractions sont toujours présentes mais irrégulières. Je me dis que je vais aller marcher pour faire bouger les choses mais d’abord je prends un bain bien chaud.

En sortant du bain, je n’ai absolument plus la motivation pour aller marcher, je me sens fatiguée, les contractions mettent plus de temps à se dissiper. Je commence à les noter sur une application (que je n’arrive toujours pas à supprimer depuis…).

Elles se rapprochent. Toutes les 5 mn environ à partir de 12h45.

Après le déjeuner, mon mari remarque que j’en ai de plus en plus et qu’il faut aller à la maternité. Mes parents sont prévenus, ils vont pouvoir accueillir ma fille de 3 ans, tandis que mon fils de 7 ans, quant à lui est chez ses autres grands parents depuis quelques jours déjà.

En partant de la maison, une grosse contraction m’assaille et je me demande comment je vais faire pour tenir tous le trajet. Mais je tiens bon. On dépose ma fille, qui hurle et ça me fend le coeur de la laisser mais je ne peux plus attendre. Marcher jusqu’à la maternité est un supplice au point que j’en pleure parfois. Je dois m’arrêter pour souffler, m’accrocher au futur papa pour supporter.

Aux urgences, il y a la queue, je double tout le monde et ouvre la porte du poste et je leur dis que c’est une urgence, et je pleure de douleur. Une infirmière me réceptionne pour m’installer dans une salle. On me pose le monito et une sage femme arrive. Je suis dilatée à 6 large. Et les contractions continuent de plus belle. Je pleure, je n’arrive plus à me contenir. On m’informe qu’il n’y a pas de salle de naissance de libre, que l’hôpital est plein, qu’il faudra peut être que je sois transférée, mais qu’ils me feront pas accoucher dans un camion de pompier. Je comprends rien . On me dit aussi que je n’aurai du coup surement pas la péridurale. C’est un coup dur, je pleure de plus belle.

Finalement après quelques minutes de souffrance où on essaye de me poser une perfusion, un brancard arrive et on m’annonce qu’on a trouvé une salle de naissance pour moi.

Je suis soulagée. Je descends de la table d’examen pour monter sur le brancard mais une contraction m’arrête dans mon élan et je ne sais plus comment me mettre. J’appelle ton papa à la rescousse. Lui mon phare dans ce brouillard que je traverse. Je me cramponne à lui, une fois de plus de toutes mes forces. Il est le seul qui peut m’aider, par ses épaules, par son regard.

Je sens que ça pousse, je le dis. Elles sont nombreuses tout autour mais je ne vois que mon mari. Je me demande comment faire pour m’asseoir, la contraction ne passe pas.

Tant bien que mal, je finis par m’allonger et la brancardière court dans le couloir. Nous atteignons l’ascenseur, le brancard est poussé au fond et là je sens que ça pousse, je hurle ” ça pousse” dans un cri que je me serais jamais soupçonnée pouvoir émettre et je sens cette force s’extraire de moi, malgré moi, je hurle et je pousse sans pouvoir rien retenir. La sage femme monte sur le brancard, la poche des eaux se rompt et elle dit “la tête sort”, elle retient la tête et c’est une douleur indescriptible qui me transperce.

Le brancard sort de l’ascenseur, il me semble que je vais y passer, que ma vie va s’arrêter là,  il y a plein de monde tout autour, je vois mon mari qui me dit “respire”, on me dit de ne pas pousser, de faire “SSS”, ils sont marrants eux. On traverse le couloir, la porte de la salle de naissance est poussée, mon bébé sort enfin entièrement et est posé tout contre moi. La douleur se tarie. Enfin. Tout peut arriver maintenant. Il me semble que j’ai traversé la guerre. J’ai survécu, et mon bébé aussi. Tout me parait si doux comparé à ça. Je me sens tellement vivante !
Cette sensation unique et de bien-être, ce sentiment d’avoir réussi à mettre un enfant au monde “sans aide”, avec douleur comme avant, comme ailleurs, où les naissances ne sont pas aussi médicalisées. C’est une fierté, je dois l’avouer. Je n’ai rien choisi, ni commandé et si on m’avait demandé, j’aurais jamais osé dire, “sans péri”, mais aujourd’hui, je sais que cet accouchement m’a déjà transcendée. Plus maman et plus femme même peut être ? J’ai sauté dans le vide, j’ai eu peur et mal mais j’en suis revenue, plus forte, grandie et bien accompagnée.
Alors qu’il y a un an, je revenais les mains vides d’avoir accouché.

 

“Un arc en ciel, comme toi, mon tout doux bébé, le soleil après la pluie. C’est ton histoire qui commence. La nôtre. Merci de m’avoir offert cet accouchement mémorable et unique.”

 

 

Laure

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *